L’instance de contrôle de la copropriété ne peut pas légalement bloquer un vote en assemblée générale sur le changement de syndic. La décision appartient aux copropriétaires réunis en AG. Si vous vous heurtez à l’inaction ou à l’opposition du conseil syndical, vous n’êtes pas sans recours.
Cet organe est consultatif, pas décisionnel. Des leviers existent pour contourner son blocage : demande d’inscription à l’ordre du jour, convocation d’une AG extraordinaire, recours judiciaire. Voici comment agir, étape par étape.
L’essentiel à retenir
- Le conseil syndical est un organe consultatif : il ne dispose d’aucun droit de veto sur les décisions de l’assemblée générale.
- Un seul copropriétaire peut demander l’inscription d’une résolution à l’ordre du jour par lettre recommandée avec AR.
- Un quart des voix suffit pour demander la convocation d’une AG extraordinaire.
- En cas de blocage persistant, le tribunal judiciaire peut désigner un mandataire ad hoc.
- Un accompagnement expert indépendant permet souvent de débloquer la situation sans contentieux.
Pourquoi l’organe de contrôle de la copropriété ne peut pas bloquer le changement de syndic
Le bureau du syndicat des copropriétaires n’a strictement aucun pouvoir de décision. Il contrôle, il assiste, il conseille. La désignation du syndic relève exclusivement de l’assemblée générale des copropriétaires. Aucune disposition de la loi du 10 juillet 1965 ne confère aux conseillers syndicaux un droit d’opposition opposable à l’AG.
Le rôle exact de l’organe de contrôle de la copropriété face au syndic
Selon la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967, le conseil syndical remplit trois fonctions légales : assister le syndic, le contrôler et donner des avis consultatifs. Il participe à l’élaboration de l’ordre du jour de l’AG, contrôle la comptabilité et surveille l’exécution des contrats.
Ses avis restent consultatifs. Il peut recommander ou alerter, mais il ne peut pas empêcher les copropriétaires de voter. Pour mieux saisir l’étendue de ces attributions, consultez notre article sur le rôle du conseil syndical en copropriété.
Ce que dit la loi sur la désignation et le renouvellement du syndic
L’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 est clair : la désignation du syndic est votée à la majorité absolue de tous les copropriétaires. Avant tout renouvellement, une mise en concurrence est légalement obligatoire. Une dispense est possible, mais uniquement si l’AG la vote elle-même.
Le conseil syndical est normalement chargé d’organiser cette mise en concurrence. Son refus ou son inaction ne prive pas les copropriétaires d’agir seuls. Notre article sur la désignation et renouvellement du syndic de copropriété détaille chaque étape du processus.
Quels sont les droits des copropriétaires face à un comité syndical inactif
Face à un comité syndical qui bloque ou s’abstient d’agir, les copropriétaires disposent de plusieurs leviers directs. Le pouvoir souverain appartient à l’assemblée générale, et la loi a prévu des mécanismes précis pour y accéder sans passer par le filtre des conseillers syndicaux.
Demander l’inscription d’une résolution à l’ordre du jour de l’assemblée générale
Un seul copropriétaire peut demander l’inscription d’une résolution à l’ordre du jour de la prochaine AG, par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au syndic. La demande doit parvenir au syndic au moins 21 jours avant l’envoi de la convocation.
Cette démarche est totalement indépendante de l’accord ou du désaccord du conseil syndical. Si le syndic refuse d’inscrire la résolution, sa responsabilité peut être engagée. Nos ressources sur le refus du syndic d’inscrire une résolution à l’ordre du jour détaillent les recours disponibles.
Réunir une majorité de copropriétaires pour convoquer une AG extraordinaire
Si l’AG ordinaire est trop lointaine, un groupe de copropriétaires représentant au moins un quart des voix du syndicat peut exiger la convocation d’une assemblée générale extraordinaire. Ce droit est encadré par l’article 8 du décret du 17 mars 1967.
Si le syndic ne donne pas suite dans un délai raisonnable, le président du conseil syndical ou tout copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire. Notre article sur la procédure pour convoquer une assemblée générale extraordinaire en copropriété vous guide pas à pas.
Saisir le tribunal judiciaire en cas de blocage persistant
Quand ni le comité syndical ni le syndic ne permettent d’avancer, le recours judiciaire reste une option réelle. Le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble peut désigner un mandataire ad hoc pour organiser les conditions d’une AG valide.
Comment forcer la mise en concurrence du syndic malgré l’opposition des conseillers syndicaux
Le conseil syndical est censé organiser la mise en concurrence du syndic avant tout renouvellement. Son refus ou son inaction ne ferme pas la porte aux copropriétaires. Voici comment agir directement, et pourquoi le faire seul reste souvent insuffisant.
Les étapes légales pour lancer une mise en concurrence sans l’accord du comité syndical
En vertu de l’article 27 du décret du 17 mars 1967, les copropriétaires peuvent faire appel à un professionnel de leur choix. Voici les étapes concrètes :
- Identifier les syndics à consulter : sélectionner au minimum 3 candidats présents dans le secteur géographique de l’immeuble.
- Préparer un cahier des charges : surface, nombre de lots, spécificités techniques, niveau de service attendu.
- Demander des contrats complets, pas de simples fiches tarifaires, en exigeant les annexes de prestations particulières.
- Inscrire la résolution de changement de syndic à l’ordre du jour de l’AG, avec les contrats comparatifs en pièce jointe.
- Voter en AG à la majorité absolue pour désigner le nouveau syndic.
Notre guide complet pour lancer un appel d’offres syndic détaille chaque étape avec les points de vigilance associés.
Pourquoi la mise en concurrence réalisée seul reste souvent insuffisante
La mise en concurrence sans expertise se limite presque toujours à une comparaison superficielle de fiches tarifaires. Les contrats de syndic comportent des annexes denses où se cachent les vrais enjeux financiers.
Les pièges sont nombreux : honoraires de base volontairement bas mais prestations particulières facturées en supplément, clauses de reconduction déséquilibrées, absence de vérification des références. Chez 123syndic, nous analysons le coût total réel du contrat sur la durée du mandat, pas uniquement l’affichage du forfait annuel.
Que faire si le bureau du syndicat des copropriétaires agit contre l’intérêt collectif

Il faut distinguer deux situations : un conseil syndical simplement passif, et un conseil syndical qui agit activement contre les intérêts des copropriétaires, par collusion avec le syndic ou par faute de gestion caractérisée. Dans ce second cas, des recours plus directs s’imposent.
Identifier les signes d’un conflit d’intérêts ou d’une faute de gestion
La responsabilité individuelle d’un membre du comité syndical peut être engagée en cas de faute lourde : nuire volontairement ou agir dans l’intérêt du syndic plutôt que de la copropriété. Depuis l’ordonnance du 30 octobre 2019, une assurance RC est obligatoire pour chaque membre.
Voici les signaux d’alerte concrets :
- Refus systématique d’accès aux documents de gestion : le syndic dispose d’un mois pour les transmettre, au-delà des pénalités de 15 € TTC par jour de retard s’appliquent.
- Absence de rapport annuel d’activité présenté à l’AG.
- Opposition inexpliquée à toute mise en concurrence, sans argument documenté.
- Liens personnels ou professionnels entre membres du conseil syndical et le syndic en place.
- Défaut de contrôle de la comptabilité annuelle.
Révoquer un ou plusieurs membres du conseil syndical en assemblée générale
La révocation d’un ou plusieurs membres de l’instance représentative des copropriétaires se vote en AG à la majorité absolue de l’article 25. Elle peut intervenir pour faute de gestion ou abus de pouvoir.
Un copropriétaire peut simultanément se porter candidat lors de la même AG. Attention : si plus d’un quart des sièges deviennent vacants, une nouvelle AG doit être convoquée. Notre article sur la révocation pour motif légitime en copropriété éclaire les parallèles utiles.
Tableau comparatif des recours selon la situation
Voici une synthèse des leviers disponibles selon le degré de blocage rencontré :
| Situation | Levier légal applicable | Délai estimé | Niveau de complexité |
| Inaction simple du conseil syndical | Demande d’inscription à l’ordre du jour (LRAR au syndic) | Avant la prochaine AG (21 jours avant convocation) | Faible |
| Opposition active du comité syndical | Convocation d’une AG extraordinaire (1/4 des voix) | 2 à 6 semaines | Moyen |
| Conflit d’intérêts avéré | Révocation en AG à la majorité absolue (article 25) | Prochaine AG ordinaire ou extraordinaire | Élevé |
| Refus du syndic d’inscrire une résolution | Saisine du tribunal judiciaire | Plusieurs mois | Très élevé |
Comment un accompagnement expert renforce les copropriétaires face au blocage
L’article 27 du décret du 17 mars 1967 autorise explicitement le conseil syndical de copropriété à se faire assister par un professionnel de son choix. Ce droit est méconnu, pourtant il ouvre une voie directe vers un accompagnement sur-mesure. C’est le positionnement de 123syndic : un conseil indépendant, humain, combinant expertise juridique, financière et opérationnelle pour chaque copropriété.
Ce que les copropriétaires peuvent exiger avec l’appui d’un conseil indépendant
Avec l’accompagnement de 123syndic, les copropriétaires peuvent concrètement obtenir :
- L’accès aux documents de gestion et l’analyse de leur contenu avec un regard expert.
- Un audit des contrats en cours : maintenance des ascenseurs, nettoyage des parties communes, assurances.
- La rédaction des courriers formels : LRAR, mises en demeure, demandes d’inscription à l’ordre du jour.
- Une mise en concurrence rigoureuse avec qualification des offres et négociation des conditions contractuelles.
Le conseil syndical bien accompagné, premier levier de réduction des charges
Un conseil syndical actif et bien accompagné est le premier outil de réduction des charges courantes. Les postes challengeables sont nombreux et les économies souvent substantielles !
- Contrats d’entretien des ascenseurs : souvent renouvelés tacitement sans mise en concurrence depuis plusieurs années.
- Assurances de la copropriété : les primes évoluent chaque année, un audit comparatif génère régulièrement des économies.
- Nettoyage des parties communes : fréquences, périmètres et tarifs méritent d’être vérifiés régulièrement.
Sources
- Service-public.fr, Fiche pratique F2610 sur le conseil syndical en copropriété : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2610
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis (Legifrance)
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967 pris pour l’application de la loi du 10 juillet 1965, notamment articles 8 et 27
- Ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019 portant réforme du droit de la copropriété
FAQ : conseil syndical et changement de syndic, vos questions
Le conseil syndical peut-il s’opposer légalement au vote d’un changement de syndic en AG ?
Non. Le conseil syndical ne dispose d’aucun pouvoir de veto sur les décisions de l’assemblée générale. Il peut émettre un avis consultatif, mais la décision finale appartient aux copropriétaires réunis en AG, votée à la majorité absolue de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Son rôle est d’assister et de contrôler, pas de décider à la place de l’assemblée.
Combien de copropriétaires faut-il pour demander l’inscription d’une résolution à l’ordre du jour ?
Un seul copropriétaire peut demander l’inscription d’une résolution à l’ordre du jour, par lettre recommandée avec AR adressée au syndic. La demande doit parvenir au syndic au moins 21 jours avant l’envoi de la convocation. Pour demander la convocation d’une AG extraordinaire, il faut réunir au moins un quart des voix du syndicat des copropriétaires.
Que se passe-t-il si le syndic refuse d’inscrire la résolution de changement à l’ordre du jour ?
Le copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire pour contraindre le syndic à inscrire la résolution. Le refus injustifié engage la responsabilité du syndic. Il est également possible de faire consigner ce refus au procès-verbal de l’AG et de le signaler lors de la séance : cela constitue un élément tangible dans une procédure ultérieure.
Un copropriétaire peut-il se présenter au conseil syndical pour peser sur les décisions de l’intérieur ?
Oui, tout copropriétaire est éligible au conseil syndical, à l’exception du syndic professionnel, de ses préposés et de leurs proches jusqu’au 2e degré. La candidature s’effectue par lettre recommandée avec AR adressée au syndic environ 2 mois avant l’AG. Se présenter est une stratégie efficace pour influencer les décisions depuis l’intérieur de l’instance.
Peut-on changer de syndic en dehors d’une assemblée générale ordinaire ?
Oui, via une AG extraordinaire convoquée à tout moment si un quart des copropriétaires en fait la demande, ou si le président du conseil syndical l’estime nécessaire. En cas de faute grave du syndic, une révocation pour motif légitime est possible, mais elle reste encadrée par la loi et peut exposer la copropriété à des indemnités si elle n’est pas solidement justifiée.


